samedi 19 août 2017

Objets - réalisation de la couverture de mon deuxième recueil poétique


Comme certains d'entre vous le savent peut-être déjà, je ne me contente pas de mes Histoires cochonnes pour m'exprimer, bien qu'il s'agisse pour l'instant de mon projet le plus populaire. En sus de mes dessins humoristiques, j'écris également de nombreux textes dans des formats divers, l'un d'entre eux se trouvant être le poème. Il y a peu, paraissait ainsi mon deuxième recueil poétique, Objets, disponible aux éditions Stellamaris : cliquez ici si vous voulez le voir ou l'acheter. Ce fut l'occasion pour moi de réaliser une couverture que je pense digne de ce nom. Voici les différentes étapes de cette création, dont le style est dans la droite lignée de mes Histoires cochonnes :

1. Étapes préliminaires :

Le crayonné
L'encrage
Le gommage











Les aplats noirs et les ombres















Le seuil sous Gimp, pour
accentuer les contrastes.
Une première colorisation sous
Gimp, dont je suis peu satisfait.















2. Résultat final :

Après plusieurs heures de colorisation sous Gimp, je suis
enfin satisfait de mon travail et me dis qu'il est grand temps de m'arrêter.

samedi 12 août 2017

Hommage - Dilbert

Tête de pouce, coiffure incompréhensible, cravate en érection, voici Dilbert, employé de bureau cynique et désabusé par le truchement duquel Scott Adams, son créateur, commente depuis 1989 le monde de l'entreprise, ses travers, ses contradictions et son fonctionnement pour le moins ubuesque, dans des strips en trois cases caractérisés par un graphisme souple, sobre et simple, un vocabulaire assez riche et des situations cocasses où l'absurde règne en maître.


Dilbert est une série tout à la fois si pertinente et percutante qu'elle valut à Scott Adams de se faire licencier de l'entreprise dans laquelle il travaillait à l'époque de sa création pour des raisons qui me semblent évidentes : ses critiques acerbes gênaient quelque peu ses employeurs, qui se sentaient, à juste titre, visés. Fort heureusement, le succès de Dilbert permit à son génial géniteur d'en vivre en vendant nombre de livres et de produits dérivés (il y eut même une série télévisée) grâce au système qu'il critiquait.

Il n'en demeure pas moins que la lecture de ces strips lors de mon entrée définitive dans le monde du travail me permit d'observer avec beaucoup plus de légèreté la lourdeur de l'administration dans laquelle j'évolue, pesante à bien des égards pour les individus indépendants et rêveurs. Cette distance est un soulagement bienvenu dans un univers d'adultes qui se prennent souvent beaucoup trop au sérieux et s'aliènent dans des tâches parfois dépourvus de sens pour se donner l'illusion d'être utiles.

Merci donc à Scott Adams d'avoir offert au monde du travail cet exutoire indispensable qu'est Dilbert !

dimanche 23 juillet 2017

Hommage - Osamu Tezuka

Le deuxième dessin animé tiré de l'oeuvre d'Osamu Tezuka, j'ai nommé Astro Boy, plus connu dans nos contrées sous le nom d'Astro, le petit robot, est la première série dont je parviens à me souvenir, même si quelques bribes seulement restent accessibles à ma conscience. Je suis donc, vous l'aurez compris, amoureux depuis ma plus tendre enfance du style de celui qui est aujourd'hui considéré dans son pays d'origine comme le dieu du manga.

Pourtant je ne découvris les aventures imprimées du plus célèbre des petit robots, publiées de 1952 à 1968 au Japon, que tardivement, après m'être plongé dans La Vie de Bouddha, l'un de ses chefs-d'oeuvre, dont la scène d'ouverture, avec ce lapin généreux qui se sacrifie pour sauver un homme en se jetant dans les flammes, a su tirer de moi quelques larmes dès les premières cases, et Black Jack, une histoire tout à la fois sombre et légère inspirée de l'expérience de Tezuka dans le monde de la médecine au cours de ses jeunes années, notamment pendant la seconde guerre mondiale.

Traversé par l'obsession du maître pour le bien, le beau et le vrai, par son goût prononcé pour la parabole et par des références multiples à la culture occidentale (Astro est une sorte de Frankenstein ou de Pinocchio moderne soumis aux trois lois de la robotique imaginées par Isaac Asimov et son graphisme est un héritage direct des dessins de Walt Disney, les deux auteurs s'étant voué d'ailleurs une admiration mutuelle), le manga porte un message éminemment positif, ce que ne laissait pas nécessairement présager le titre japonais, Tetsuwan Atomu. Ce dernier dévoile en réalité toute la philosophie du maître : la technologie n'est en elle-même ni bonne, ni mauvaise, seule la manière dont on s'en sert pouvant se révéler comme telle (une idée que reprendra James Cameron, féru de mangas, dans la plupart de ses films et, surtout, dans ses deux Terminator). Mieux, il n'est pas d'expérience négative (en l'occurrence, la bombe atomique) dont on ne puisse tirer quelque enseignement pour l'avenir et, par conséquent, quelque chose de bon.

Bien entendu, l'ensemble a vieilli, sans compter que le mangaka visait avec son Astro le jeune public, ce qui peut donner à des adultes l'impression d'une certaine naïveté, tant dans le trait que dans les dialogues et la narration. Je trouve au contraire dans le charme désuet de ces petites histoires une innocence revigorante et retrouve un élan d'espoir qui semble avoir aujourd'hui déserté les esprits. Cet enfant-robot du futur, version japonaise des super-héros américains, prêt à tout pour faire triompher ce qu'il considère comme juste, ne nous fait-il pas savoir, par son existence même, aussi fictive soit-elle, que rien n'est impossible et qu'il faut avoir confiance en l'avenir, celui-ci n'étant au fond que ce qu'on en fait ? C'est à cet optimisme, en tout cas, que semblera répondre quelques décennies plus tard Katsuhiro Otomo dans Akira, un manga dont l'univers est tout aussi futuriste mais beaucoup plus noir...

samedi 8 juillet 2017

Hommage - Philippe Geluck

Qui ne connaît pas Le Chat, créé par l'artiste belge Philippe Geluck en 1980 pour les faire-part de mariage de son créateur, avant de devenir une star du strip satirique dans le journal Le Soir à partir de 1983 ? Son graphisme épuré, ses couleurs vives et ses saillies percutantes, pertinentes, impertinentes, ont marqué plusieurs générations de lecteurs, dont l'auteur de ces lignes, qui trouva tardivement dans cet humour unique une source intarissable d'inspiration. Je ne pouvais donc pas ne pas rendre hommage à ce brave monsieur et à son chat, manifestement félin pour l'autre, pour ne pas citer le titre français de l'une des séries d'aventures d'un autre chat célèbre, auquel j'ai déjà rendu hommage ici.

dimanche 18 juin 2017

Hommage - Goscinny et Uderzo

Est-il ici besoin de présenter les célèbres personnages créés en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo, j'ai bien sûr nommé Astérix et Obélix ? Il y a deux ans, je lus enfin, pour la première fois, les vingt-quatre albums réalisés par le célèbre tandem jusqu'à la mort du scénariste Goscinny en 1977, qui signa pour beaucoup le début d'une période moins glorieuse pour les aventures des deux Gaulois, désormais orphelins d'histoires originales et de dialogues savoureux. Demeureraient néanmoins les dessins ronds, expressifs et caricaturaux à souhait d'Uderzo, reconnaissables au premier coup d’œil et auxquels ma propre vignette, pour une fois, ne rend pas hommage.

Pour en revenir à mes lectures, je fus tout à la fois surpris et ravi d'y découvrir ou d'y redécouvrir des répliques toujours percutantes, devenues cultes ("Ils sont fous, ces Romains !") ou tout simplement piquantes, la satire sociale et politique que l'on y peut trouver agrémentant l'ensemble des différents niveaux de lecture selon moi nécessaires pour donner à toute oeuvre une certaine épaisseur, gage de sa réelle qualité. S'agissant de bande dessinée, il va de soi que ces histoires ne seraient rien si, tout comme les dialogues de Goscinny, les dessins du grand Uderzo ne leur donnaient vie - et quelle vie ! - par leur côté grotesque, les variations parfaites dans le trait, les couleurs vives et les expressions mémorables de tous les personnages, tous marqués par une personnalité visuelle qui leur est propre, le tout dans des décors eux-mêmes rendus vivants par le coup de crayon généreux du dessinateur.

Enfin, cerise sur le gâteau pour ceux qui, comme moi, se délectent des calembours en cascades, tous les albums sont parsemés de jeux de mots bien sentis et pertinents, auxquels saura plus tard faire honneur Alain Chabat dans son hilarante adaptation cinématographique, sobrement intitulée Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) et bien évidemment inspirée de l'un des meilleurs albums de la série, Astérix et Cléopâtre, sorti en 1965.

samedi 3 juin 2017

Anniversaire surprise - réalisation d'une affiche

Cette semaine, à l'occasion de mon récent anniversaire, j'ai décidé de faire une petite pause dans la publication de mes hommages et de vous proposer une création que j'ai réalisée pour le spectacle d'un ami, Stéphane Bernollin, qui s'intitule "Anniversaire de dingues". C'est l'occasion pour moi de vous montrer, par ailleurs, quatre étapes majeures de la réalisation de mes dessins, qu'il s'agisse de mes Histoires cochonnes ou de mes Hommages.

Tout d'abord, voici le crayonné, l'usage intensif d'un porte-mine et d'une gomme étant de mise :


Ensuite, vient bien évidemment l'encrage, effectué à l'aide d'un pinceau Pentel à l'encre de Chine :


Suivi, de fait, par un gommage nécessaire :


Enfin, je termine par la colorisation de l'ensemble sous Gimp, en prenant soin de travailler ombre et lumière afin de produire un rendu visuel plus ou moins esthétique et cohérent :


Dans le cas de cette affiche, dont l'impression ne peut se faire qu'en noir et blanc faute de moyens substantiels, je réduis simplement la saturation des couleurs au minimum afin d'obtenir une deuxième version du dessin :


Pour conclure, voici l'affiche qu'en a tiré Stéphane :


Il va de soi que tout cela n'a pas surgi de nulle part et qu'il aura fallu, en amont, discuter avec Stéphane de ce qu'il voulait pour son affiche. Après cette discussion, m'incombait la réflexion nécessaire au choix des personnages et de la manière dont ils seraient représentés. On notera au passage le déséquilibre relatif entre les côtés gauche et droit du gâteau, dû à la taille variable des guimauves (pour laquelle je n'ai pas la moindre explication, ne m'en étant rendu compte qu'à la toute fin de mon projet...). Cela ne m'empêche pas pour autant d'être très fier du résultat final et, surtout, de mon panda !

samedi 20 mai 2017

Hommage - Saint Seiya


Avec une semaine de retard (gastro-entérite, quand tu nous tiens !), je vous propose cette fois-ci mon hommage à l'oeuvre cosmico-mythologique de Masami Kurumada, que j'ai dévorée plusieurs années durant lors de la publication au format "de luxe" de ses premiers arcs (originellement publiés à partir de 1986 au Japon). Il faut le dire, si j'appréciais, enfant, les graphismes et les idées sur lesquels reposaient la série télévisée qui en avait été tirée, j'étais loin de lui vouer le culte que je voue aujourd'hui au manga : traînant en longueur et proposant la plupart du temps des histoires sans intérêt parsemées de dialogues plutôt creux et de scènes présentes uniquement dans le but de rallonger les épisodes, le série n'entraînait aucunement mon adhésion.

C'est la raison pour laquelle il me fallut des années pour me lancer dans la version papier. Et là, quelle agréable surprise ! Que de style, que de puissance, que d'évocations, dans les histoires comme dans le trait ! Je me laissai rapidement emporté pour n'en plus ressortir que des milliers de pages plus tard, la tête emplie de constellations, d'armures et de dieux. Oui, Saint Seiya m'avait appris, à vingt-cinq ans passés, à rêver à nouveau. Quel plaisir que de suivre les pas de ces héros du cosmos à travers leur combat contre le mal pour préserver l'équilibre de l'univers ! Alors, pour toutes ces heures de pur bonheur onirique et l'inspiration que vous avez su par votre art insuffler dans mon imaginaire endormi, merci, Masami Kurumada, merci !

samedi 29 avril 2017

Hommage - Lucky Luke

Une série d'hommages ne saurait être complète sans la présence du personnage créé en 1946 par le dessinateur franco-belge Maurice de Bevere, dit Morris, Le western humoristique né sous son crayon aura considérablement évolué au fil des ans, graphiquement et scénaristiquement (qu'on me permette ici ce modeste néologisme) parlant.

Si le trait a considérablement gagné en précision pour finir par donner à Lucky Luke l'apparence charismatique et caractéristique qu'on lui connaît aujourd'hui, c'est avec l'arrivée de René Goscinny à l'écriture que les aventures de celui qui tire plus vite que son ombre (donc à plus de 300 000 km par seconde, tout de même !) prennent un tournant décisif, avec des personnages hauts en couleur et des dialogues percutants, les albums réalisés par le tandem restant à ce jour parmi les plus connus (Billy the Kid, Calamity James, Dalton City...).

Pour la petite anecdote, l'une de mes premières bandes dessinées scénarisées, réalisée lorsque j'avais neuf ou dix ans, fait ouvertement référence à la célèbre série dans son titre, Luc et Luke. L'histoire, un buddy-movie parsemé de courses-poursuites en voiture et de batailles mémorables contre des hordes de créatures surnaturelles, n'a pourtant pas grand-chose à voir avec Lucky Luke, si ce n'est peut-être les décors désertiques, fort pratiques à dessiner pour quelqu'un qui, justement, ne sait pas dessiner.